J’ai eu l’occasion de travailler avec de grands noms de l’architecture, directement ou indirectement, dans le cadre d’opérations de maîtrise d’ouvrage relativement complexes. L’article qui suit me parle directement et c’est pour cela que j’ai souhaité le porter à votre connaissance avant qu’il ne disparaisse dans le flot de l’information. En effet, je me sens particulièrement concerné par ce coup de gueule d’un Jean Nouvel ou d’un Rudy Ricciotti, car la question des pénalités, et plus généralement des clauses techniques particulières du cahier des charges sont un casse-tête permanent. Tout particulièrement dans le cadre de la loi sur la maîtrise d’ouvrage publique et en matière d’architecture.
Il est tentant d’aller dans le sens de l’architecte et de laisser libre cours à son esprit créatif, à son originalité, à son savoir-faire, et à sa capacité à assurer la fonction de maître d’œuvre dans des groupements de compétences et d’entreprises parfois très complexes. Mais… Mais la réalité des projets amène à faire le constat que trop souvent, le programme défini, en fonction d’un besoin répondant à une demande sociale et à une réalité économique, donc budgétaire, est foulé au pied par certains maîtres d’œuvre au nom de la création de l’œuvre. Dans le secteur public, j’ai pu constater, et j’ai participé depuis la fin des années 1990, à la mise en place de procédures et de cahiers des charges de plus en plus stricts, à la formation d’équipes de maîtrise d’ouvrage techniciennes et compétentes (trop peu souvent hélas, notamment dans les petites collectivités locales), afin d’être en capacité de négocier d’égal à égal, non seulement avec certains architectes ayant pignon sur rue, certes talentueux, parfois imprévisibles, mais surtout avec leurs bureaux d’études techniques, très souvent filiales sous-marines de très grands groupes du BTP, de la finance, qui débarquent dans votre bureau avec l’assurance du mafieux sicilien venu collecter sa dîme…
Alors oui, ne tuons pas le talent de nos architectes, en particulier d’un Rudy Ricciotti qui apporte une originalité qui sied bien à son accent provençal maritime, mais formons aussi les architectes à répondre au plus juste en terme d’esprit du projet, de programme fonctionnel, et de budget, dans le respect des services et des élus des collectivités territoriales qui normalement ne cherchent rien d’autre qu’à servir la population de leurs territoires.


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