Libérez les abeilles, écologie radicale
« Les abeilles sont nos amies, il faut les aimer aussi » K. Marx 1)
Les abeilles ont disparu, enfin c’est quasiment fait, et moi même, je ne me sens pas très bien… D’ailleurs, depuis la parution de l’article du Docteur Nono, j’ai le bourdon, c’est vous dire…
C’est ce sentiment de malaise peut-être qui déjà cet été m’avait amené à lire LE roman de gare par excellence, mais bourré de questions ontologiques et pour tout dire essentielles… Ou quand la fiction est rattrapée par la réalité…
Je souhaitais partager depuis quelques temps la lecture du thriller de Jean-Christophe Rufin intitulé Parfum d’Adam. Ce roman a pour thème l’action violente de mouvements écologistes radicaux.
Et voilà que voici quelques semaines déjà, un groupe de libération des animaux passait à l’action en inoculant de l’eau oxygénée dans des flacons de nettoyage de lentilles de contact… La revendication était de protester contre les tests opérés sur les animaux par les laboratoires fabriquant ces produits.
Ce téléscopage appelle à un détour par l’approche fictionnelle de J-Ch. Rufin qui nous sensibilise à quelques points importants :
- Quelle est la place de l’écologie politique dans nos sociétés contemporaines ?
- Quel rapport existe t-il entre l’écologie d’appareil et de consensus de type social démocrate à la française et les formes radicales dans les pays anglo-saxons dont Greenpeace notamment est certainement l’un des exemples les plus édulcorés…
- Quelles sont les voies de prise en compte en politique et dans nos vies quotidiennes des questions éco-environnementales ?
Il se peut fort bien que nous soyons à la veille d’un mouvement d’ampleur tendant à l’action radicale. C’est d’autant plus édifiant que nombre des ces mouvements s’interrogent sur la place de l’homme dans son environnement : motrice et légitime ou nuisible et superflue… Dans le deuxième cas, l’action terroriste prend tout son sens et la vie humaine devient toute relative si l’on considère l’homme comme un ennemi de la nature. Un homme à abattre ?
Si ça vous branche, bande de vieux primates arboricoles, alors allez faire un saut du côté du Brésil, du Cap Vert, de Montbéliard (je déconne pas…) et de Philadelphie…
Péloponnèse, je me souviens…
Je me souviens de la beauté des paysages du Péloponnèse…
CC David Gavin
Je me souviens des champs d’olivier offerts à la vue depuis le théâtre d’Epidaure, de la magie minérale des roches surplombant Mycènes, des veines cristallines nervurant les falaises calcaires du Mont Parnasse où la grotte de la Pythie de Delphes répond aux mystères des grottes ornées paléolithiques de France ou d’Espagne.
Je me souviens des villages de l’extrême sud de la péninsule de Laconie, Vathia, Gerolimenas aux maison tours si caractéristiques d’un passé lointain et si prestigieux pourtant, déjà ravagés en 2000 par les feux de garrigue. Seuls les villages eux mêmes furent préservés, l’incendie laissant déjà de ce paysage millénaire un champ de ruines où par contraste, chaque arbre sauvegardé illuminait les villages, les collines noircies, sur fond d’une méditerranée impassible.
Impossible d’oublier tout cela, pas plus que le littoral, Aghios Nikolaos, Palea Epidavros, où senteurs marines se mêlent aux odeurs de résineux des forêts de pins et de chênes plongeant en Mer ionienne ou dans le Golfe saronique. Pas plus que ces paysages et ces hommes attachants de la montagne, dans les monts Targetos où la fraîcheur des petits matins de Kastania, la rudesse des paysages, la beauté de l’habitat me rappelaient sans cesse la nature balkanique du Péloponnèse.
Je ne veux pas me souvenir des décharges de villages ou le traitement des ordures en plein mois de juillet passe par l’écobuage, pas me souvenir non plus de ces accotements de routes délaissés, en friche, de ces automobilistes balançant si souvent leurs clopes par la fenêtre, ici comme ailleurs…
Et pourtant… A cause de cela je ne pourrais sans doute pas oublier ces images d’apocalypse télévisuelle où tout un pays brûle dans l’impuissance de ses habitants et de ses autorités.

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