Coluche et la campagne publicitaire d’Adecco : viser au bon endroit…
En découvrant cette campagne dont je n’avais jusqu’à présent fait qu’entendre parler, je me suis souvenu que même s’il n’y avait pas de quoi dépecer un actionnaire d’un fond de pension où abattre en pleine rue le patron d’Adecco ou de Renault, j’avais une certaine conscience. Je me suis remémoré ce que représentait Coluche pour l’adolescent que j’étais lors de sa mort en 1986. Et je me suis souvenu des paroles de Renaud Séchan… “On les a récupéré, oui mais moi on m’aura pas, je tirerai le premier, et je viserai au bon endroit…” Je sais, c’est encore une expression un peu surannée d’une forme de gauchisme has been et pas très tendance, y compris et peut-être surtout dans la gauche institutionnelle actuelle.
Il n’empêche. Je ne suis pas Coluche, mais je n’apprécierais pas que mes ayant-droits vendent mon image dans l’absolu et en particulier à des entreprises qui établissent leur activité sur une forme d’exploitation des professionnels.
Je suis d’accord avec l’idée que chacun à un moment de sa vie puisse avoir envie de jongler d’un job à l’autre, c’est clair. C’est cependant une tendance légère, réelle mais légère, qui me semble utilisée par certains pour justifier sociologiquement et médiatiquement de mettre toute une génération dont je ne suis pas dans la flexibilité. L’intérim est aussi une forme de liberté, certes, mais c’est l’expression d’un profond malaise de la société du travail. Et je me trompe peut-être, mais je trouve gonflé d’utiliser le parcours de Coluche pour appuyer cette justification.
D’où l’envie, strictement personnelle donc subjective, de tirer à vue.
Le débat est ouvert. Il l’est aussi sur Epidemik.eu.

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