Touches pas à ta femme…
… Même pas avec des gants de boxe…
Je suis un peu lent et en train de me réveiller : le 21ème siècle sera et ne sera que le siècle de la femme occidentale. Même si ma bonne dame on est en 2008 et que trop de femmes se font casser la tête par leurs hommes (appelons un chat un chat), même si des centaines de femmes meurent chaque année sous les coups de leurs compagnons (leurs mecs, pas leurs chats, faut suivre…), il n’en demeure pas moins que les femmes nous démontrent, à nous les hommes qui le valons bien, leur supériorité fondamentale et intrinsèque en même temps qu’elles nous écrasent de leur supériorité limite arrogante.
Vous ne me croyez pas ?
J’en suis la preuve vivante… Moi qui n’ai jamais fait de mal à une mouche par le biais de la force physique, moi qui suis le plus prévenant des mecs, enfin c’est ce que je crois, moi qui exècre la violence (euh, j’en fait peut-être un peu trop)…. Que n’ai-je entendu dans la bouche de ma compagne en réaction à un reportage radiophonique sur la nouvelle campagne ministérielle contre la violence faite aux femmes… Qui plus est pendant le témoignage d’une femme battue ! Et devant ma propre mère à moi en plus…
Il est bien ce reportage… Il m’ont demandé si je voulais témoigner aussi, mais j’ai refusé…
Evidemment, c’est une blague, mais c’est l’occasion de rappeler que la violence conjugale ne devrait pas exister et que cela ne peut disparaître que si nous devenons attentifs à tous les signes qui peuvent nous donner des doutes, et à savoir parler quand il y a présomption. Pour ne pas laisser les femmes et les enfants victimes dans l’isolement.
Dans l’ambulance… ou la mort de l’État français.
Saint-Agrève, Ardèche – Dans l’ambulance, une femme, un accouchement imminent ; grossesse à risque, peur de l’hémorragie. La maternité privée de Saint-Agrève vient de fermer. Deux semaines à peu près. Une sirène, le gyrophare s’enfonce dans la nuit sur une départementale. Derrière, suit une voiture, un homme au volant – un père – dans l’angoisse. La route est mauvaise, sinueuse… Les orages de la semaine précédente ont dégradé les chaussées, provoqué des éboulements, des chutes de rochers. Le véhicule sanitaire avance lentement, entre chicanes de pierres et rivière de boue. La femme pleure, elle a peur – l’infirmière tente de se rassurer en appliquant à la lettre la procédure d’un tel cas de figure. L’homme écrase sa deuxième cigarette dans le cendrier. Il se souvient de la naissance de l’ainé… En vingt minutes, l’hémorragie ; il est fou de rage face à son impuissance contre la machine administrative omnipotente qui a décidé de la fermeture de la maternité locale. Il ne peut s’empêcher de penser aux notables encravatés, sûrs de leur fait et arrogants dans leur unanimité à décider de l’obsolescence de cet établissement perdu, de ce point sur une carte de France dont un cercle concentrique laisserait à penser que la distance vers les maternités plus importantes les plus proches serait parfaitement raisonnable…
Trois heures. il aura fallu trois heures au bout de l’angoisse pour cette femme, pour cet homme au volant avant de pouvoir bénéficier d’un service public minimal à la maternité d’Annonay. Où est l’égalité des citoyens face à une logique de pure gestion ? Où est la raison face à ce mouvement qui contribue un peu plus à un nouvel exode rural alors que nos villes étouffent… Maternités, perception, postes, demain les sous-préfectures. Déjà, les entreprises déménagent, les commerces suivent, l’hotellerie, les professions libérales, notamment médicales. Et j’en passe.
On me dira, peut être à juste titre, que la maternité de Saint-Agrève n’aurait de toute façon pas convenu pour une grossesse à risque. C’est un simple exemple. La tendance est là. Pour tuer son chien, on dit de lui qu’il a la rage : en retirant progressivement aux maternités rurales les moyens de bien faire, on les a immanquablement condamnées. Les fermetures actuelles ne sont que l’aboutissement logique d’une politique parfaitement raisonnée de démantèlement de l’Etat depuis plusieurs décennies.
Ce pays crève d’une fausse rationnalité économique purement comptable et d’une absence cruelle d’idée de son avenir, au sens le plus noble de l’idéologie. Nous nous voilons la face devant la désindustrialisation, devant la disparition de l’Etat, devant l’absence d’une vraie politique d’aménagement, d’une vraie politique d’innovation et de recherche orientée vers les nouveaux enjeux industriels, notamment environnementaux. Nous laissons le champ libre au tout libéral. Les vrais gouvernants de ce pays sont les énarques du CAC40 qui décident du sort de nos concitoyens en fonction de leurs propres intérêts de caste, préférant investir la richesse nationale dans les pays émergents en attendant que les Chinois ou les Vietnamiens ne se réveillent et n’exigent eux aussi des conditions de vie et de travail décentes. Et nous restons passifs, fatalistes…
Je mélange tout ? Pas si sûr. Réfléchissez-y.
En attendant, dans quelques jours, le 5ème élément devra accoucher à 50 kilomètres d’ici. Toi le décideur de l’Agence Régionale d’Hospitalisation, j’aurais une pensée pour toi. Une pensée comme un regard franc et parfaitement dirigé. Entre tes deux yeux.
Le Mauvais Air, William Daniels
“Malaria, ” Mala Aria “, mauvais air, c’est le nom donné autrefois au paludisme lorsque la maladie décimait les populations en Italie et dans le reste de l’Europe.
Aujourd’hui la malaria fait toujours des ravages. Loin de nous, en Afrique subsaharienne principalement, mais aussi en Asie et en Amérique du Sud.
Engagé au côté de l’AFMEurope depuis 2006, William Daniels parcourt le monde pour rendre compte de ce fléau, des populations déshéritées qui le subissent et des actions de lutte menées pour le contrôler”
Il présente du 9 au 28 septembre sur le pont des arts à Paris une exposition des clichés issus de ce travail.
©William Daniels – Femme enceinte atteinte de malaria dans une clinique près de Bujumbura, Burundi.
A ta santé et à celle de tes proches, Vianney !


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