PALIMPSESTES, Agora

“Quand il y a une grève plus personne ne la voit !”, Nicolas Sarkozy

Posté en Politique par Palimpsestes, Agora à 28 janvier 2009

D’accord, chiche, on va voir… J’ai trouvé sympa l’idée de revenir en France à cette occasion. Juste pour voir, pour voir si on peut adopter une attitude aussi hautaine vis à vis de la traduction socio-politique du malaise qui frappe la société française sans risquer de prendre un boomerang social en pleine face : remise en cause des acquis sociaux du 20ème siècle, dérive sécuritaire bonapartiste, régression sociétale vis à vis du traitement de la question des immigrés, des femmes (suppression des financements  pour bon nombre d’associations de planification familiale, …) et sur bien d’autres sujets.

Oui, les usagers ne devraient pas être systématiquement victimes de grèves surprises, ou pas, c’est un fait, et il y a peut être d’autres formes d’action à imaginer : séquestration des équipes de direction, blocage des préfectures et des ministères, présence et manifestation systématique lors des manifestations de dirigeants politiques et des chefs des grande entreprises licenciant tout en faisant des bénéfices et des redistributions de dividendes important.

Et à une échelle plus modeste, lancer par un petit blog comme celui-ci et des milliers d’autres un cri d’alarme et un avertissement : oui, il y a une inquiétude, oui, il y a un ras-le-bol face aux dérives du pouvoir, oui, il y a un ras-le-bol face aux logiques financières de nombre d’entreprises qui ont oublié la valeur travail et la valeur technique dans leurs outils de production, au mépris de l’homme.

En attendant, la journée du 29 janvier est l’occasion d’exprimer à une échelle sans ampleur commune depuis longtemps un mécontentement et une solidarité populaire entre toutes les couches socio-professionelles du pays.

Eric Woerth est très soucieux de cette grève du 29 janvier”, il estime que ce n’est pas nécessairement la meilleure réponse en ce
moment aux problèmes que traverse le pays que de chercher à mettre beaucoup de gens dans la rue”. Est-ce une vraie réponse que de
déclencher des grèves” et “d’embêter les gens comme cela été le cas à Saint-Lazare il y a quelques jours (…) L’emmerdement
maximum, c’est pas une politique”, a-t-il lancé.

Je pense qu’il peut-être soucieux : la difficulté créée la solidarité, marcher ensemble vers un objectif commun, lorsqu’un Le Pen est au deuxième tour d’une élection présidentielle ou lorsque les fondements de la société française sont foulés au pied au prétexte d’une globalisation fourre-tout, pour moi, est du même registre que d’aider son voisin à replacer les tuiles tombées lors d’une tempête ou donner de son temps pour aider les plus démunis dans une entreprise caritative ou socio-culturel. Le registre de l’action.

Une grève n’est pas passive, elle est le fondement même de l’action.

Note pour Monsieur Sarkozy : relire Kundera…

Le programme des manifestations

Changement en Amérique ? Ca s’impose, non ?

Posté en HUMEUR, Politique par Palimpsestes, Agora à 9 novembre 2008

Les élections américaines ont livré leur résultat, alors que la planète entière n’en finit plus de traîner des boulets comme la guerre en Irak, en Afghanistan ou la pauvreté extrême dans les pays émergents, alors que la crise déboussole l’ensemble de l’économie mondiale avec des conséquences encore insoupçonnées.

L’Amérique est au coeur de ce tourbillon. Elle l’a largement provoqué. Mais elle a une chance que nous n’avons pas : celle de changer, de changer d’hommes, de changer de politique, de changer de philosophie…

Et peut-être de redevenir un modèle de progrès social et culturel.

What’s up in América ? Change, true change…

Bon, ça c’est le billet de ma bonne conscience de gauche modérée qui me dit ça. Mais le fond gauchiste de ma pensée ne peut s’empêcher de me rappeler que même s’il vaut mieux un Obama qu’un MacCain à la tête des Etats-Unis, on reste avec un futur président qui est un pur produit des élites académiques de l’Amérique bourgeoise. Qu’il est essentiellement libéral avant d’être social, qu’il reste engagé dans une démarche patriotique américaine – ça va de soi – et qu’il s’est prononcé régulièrement pour la peine de mort. C’est une autre culture, comme dirait Amonbofis… Que cela ne nous gâche pas votre Big Giant&Coca…

Dans l’ambulance… ou la mort de l’État français.

Posté en ACTUALITÉS, HUMEUR, Politique, société par Palimpsestes, Agora à 23 septembre 2008

Saint-Agrève, Ardèche – Dans l’ambulance, une femme, un accouchement imminent ; grossesse à risque, peur de l’hémorragie. La maternité privée de Saint-Agrève vient de fermer. Deux semaines à peu près. Une sirène, le gyrophare s’enfonce dans la nuit sur une départementale. Derrière, suit une voiture, un homme au volant – un père – dans l’angoisse. La route est mauvaise, sinueuse… Les orages de la semaine précédente ont dégradé les chaussées, provoqué des éboulements, des chutes de rochers. Le véhicule sanitaire avance lentement, entre chicanes de pierres et rivière de boue. La femme pleure, elle a peur – l’infirmière tente de se rassurer en appliquant à la lettre la procédure d’un tel cas de figure. L’homme écrase sa deuxième cigarette dans le cendrier. Il se souvient de la naissance de l’ainé… En vingt minutes, l’hémorragie ; il est fou de  rage face à son impuissance contre la machine administrative omnipotente qui a décidé de la fermeture de la maternité locale. Il ne peut s’empêcher de penser aux notables encravatés, sûrs de leur fait et arrogants dans leur unanimité à décider de l’obsolescence de cet établissement perdu, de ce point sur une carte de France dont un cercle concentrique laisserait à penser que la distance vers les maternités plus importantes les plus proches serait parfaitement raisonnable…

Trois heures. il aura fallu trois heures au bout de l’angoisse pour cette femme, pour cet homme au volant avant de pouvoir bénéficier d’un service public minimal à la maternité d’Annonay. Où est l’égalité des citoyens face à une logique de pure gestion ? Où est la raison face à ce mouvement qui contribue un peu plus  à un nouvel exode rural alors que nos villes étouffent… Maternités, perception, postes, demain les sous-préfectures. Déjà, les entreprises déménagent, les commerces suivent, l’hotellerie, les professions libérales, notamment médicales. Et j’en passe.

On me dira, peut être à juste titre, que la maternité de Saint-Agrève n’aurait de toute façon pas convenu pour une grossesse à risque. C’est un simple exemple. La tendance est là. Pour tuer son chien, on dit de lui qu’il a la rage : en retirant progressivement aux maternités rurales les moyens de bien faire, on les a immanquablement condamnées. Les fermetures actuelles ne sont que l’aboutissement logique d’une politique parfaitement raisonnée de démantèlement de l’Etat depuis plusieurs décennies.

Ce pays crève d’une fausse rationnalité économique purement comptable et d’une absence cruelle d’idée de son avenir, au sens le plus noble de l’idéologie. Nous nous voilons la face devant la désindustrialisation, devant la disparition de l’Etat, devant l’absence d’une vraie politique d’aménagement, d’une vraie politique d’innovation et de recherche orientée vers les nouveaux enjeux industriels, notamment environnementaux. Nous laissons le champ libre au tout libéral. Les vrais gouvernants de ce pays sont les énarques du CAC40  qui décident du sort de nos concitoyens en fonction de leurs propres intérêts de caste, préférant investir la richesse nationale dans les pays émergents en attendant que les Chinois ou les Vietnamiens ne se réveillent et n’exigent eux aussi des conditions de vie et de travail décentes. Et nous restons passifs, fatalistes…

Je mélange tout ? Pas si sûr. Réfléchissez-y.

En attendant, dans quelques jours, le 5ème élément devra accoucher à 50 kilomètres d’ici. Toi le décideur de l’Agence Régionale d’Hospitalisation, j’aurais une pensée pour toi. Une pensée comme un regard franc et parfaitement dirigé. Entre tes deux yeux.

Quel avenir pour la Belgique dans le concert des micro-nations européennes ?

Posté en ACTUALITÉS, Non classé, Politique par Palimpsestes, Agora à 17 septembre 2008

Après quelques jours passés encore aux confins des Flandres belges et françaises, et eu égard à mes origines familiales, je me sens particulièrement concerné par les questions existentielles qui taraudent les différentes composantes de la société belge. J’avoue que j’ai du mal à discerner le fond des choses, en partie parce que je connais mal Bruxelles et la Wallonie, et je ne m’amuserai pas à traiter d’un sujet mal maîtrisé.

Je ne peux que vous redire l’amour que j’ai pour cette terre aujourd’hui sans frontière, de Boulogne à Knokke, de Bruges à Arras, de Lille à Anvers, mais aussi du côté de Charleroi et du Luxembourg. Je vous restitue cet entretien paru le 19 juillet dans le monde.fr.

Pour Philippe Moreau-Defarges, spécialiste des questions européennes à l’Institut français des relations internationales (IFRI), la crise identitaire que traverse la Belgique illustre l’affaiblissement des Etats dans un environnement démocratique prônant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Selon lui, l’intégration européenne accélère naturellement cette désintégration des Etats.

Le roi Albert II a refusé la démission du premier ministre belge, Yves Leterme, qui aura pour mission d’établir un “dialogue institutionnel” entre les communautés flamande et wallone. Que peut-on attendre de ce dialogue ?

Philippe Moreau-Defarges : Le roi fait ce qu’il peut pour sauver l’unité de la Belgique, avec des pouvoirs extrêmement limités. Il a certainement le sentiment d’avoir affaire à une classe politique qui, dans sa majorité, se résigne sinon à l’éclatement de la Belgique, du moins à une formule confédérale très souple. Le diable est dans les détails : on voit bien que la crise se focalise de plus en plus sur des questions de partage de circonscriptions, sur des détails. Le pacte social et le lien Wallons-Flamands est tellement abîmé qu’on essaie de le rebricoler sans cesse, mais à force de le rebricoler, le résultat est de plus en plus précaire, compliqué et fragile.

La Belgique va-t-elle s’orienter vers un système confédéral ?

Il y a trois hypothèses. La première, c’est le statu quo ; au vu de la profondeur de la crise, il est exclu. La deuxième, c’est la confédération, c’est-à-dire une Belgique qui n’aura plus qu’un seul lien, le roi, et de très faibles éléments communs dont la politique étrangère et, sans doute, un statut particulier pour Bruxelles. C’est probablement la solution vers laquelle s’orientent les esprits les plus raisonnables. L’idée étant une séparation totale des dépenses sociales entre Wallons et Flamands. La troisième hypothèse, c’est l’éclatement pur et simple de la Belgique. Rien n’est impossible en histoire, mais une éventuelle partition devra passer par un référendum. Or la Belgique ne peut pas prendre aujourd’hui le risque d’organiser un référendum qui déchaînerait les passions. Les indépendantistes demanderont un référendum chez les Flamands et un chez les Wallons ; les Wallons un référendum entre tous les Belges. D’un côté, cette question insoluble du référendum constitue une grande chance pour l’unité de la Belgique.

En février, le Kosovo a proclamé son indépendance, reconnue par de nombreux pays européens. Des revendications indépendantistes existent aussi en Ecosse, au Pays basque, en Corse, en Belgique… S’agit-il d’une tendance de fond ?

Il y a en effet une tension croissante entre la stabilité des Etats et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La première cause, c’est la paix, qui favorise la fragmentation des Etats et la remise en cause des acquis. Mais la question de fond, c’est la transformation radicale du pacte étatique, qui est devenu un instrument entre des groupes aux intérêts divergents.

Si un jour les Flamands, les Ecossais, les Bretons, les Catalans ou les Québéquois disent démocratiquement par un vote qu’ils ne veulent plus faire partie de tel Etat, au nom de quoi peut-on les en empêcher ?

Lorsque certains Etats reconnaissent l’indépendance du Kosovo, ils reconnaissent le droit d’un peuple à se séparer d’un Etat parce qu’il ne s’y sent plus à l’aise. Les indépendantistes flamands ne demandent pas autre chose. Il y a un véritable problème lié à la démocratisation très profonde du pacte étatique et au fait que les acteurs de ce pacte disent : “Moi, je ne fais partie de ce pacte que dans la mesure où il me convient. Si ce pacte ne me convient pas, j’ai le droit de m’en aller.” La démocratie est beaucoup plus qu’un régime politique, c’est une grande idée selon laquelle chacun a le droit d’être lui-même, à l’égal de l’autre. Ce qui implique que chaque peuple a droit à son propre Etat. On peut faire un parallèle extrêmement intéressant entre le divorce entre les individus et le divorce entre les peuples. La grande question est : qu’est-ce qu’un peuple ? Il y a donc un vrai problème entre la stabilité territoriale des Etats, dont le monde a besoin, et cette dynamique très forte de fragmentation.

L’intégration européenne accélère-t-elle cette désintégration des Etats que vous évoquez ?

Oui. L’intégration européenne a un effet désintégrateur sur les Etats membres. Les Etats perdent beaucoup de compétences qui sont transférées vers l’UE, et certains groupes estiment qu’ils n’ont plus besoin des Etats existants puisqu’il y a l’Europe. La construction européenne, qui reste en principe contrôlée par les Etats, doit donner la voix aux peuples, faire exister ces peuples, et contribuer par là même à la légitimation de ces mouvements.

L’UE n’a-t-elle pas au contraire intérêt à empêcher l’éclatement de la Belgique pour refermer cette boîte de Pandore ?

C’est tout à fait vrai, mais en histoire, la raison ne l’emporte pas toujours, et même rarement. Les Etats de l’UE ont tout intérêt à empêcher l’éclatement de la Belgique, qui est au cœur de l’UE. Mais comment des états démocratiques pourront-ils s’opposer à une Flandre demandant démocratiquement à constituer son propre Etat ?

Quel pourrait être l’attitude de l’UE vis-à-vis de ces nouveaux Etats ?

C’est l’un des grands débats à venir. Si la Flandre devient indépendante, comme l’Ecosse peut-être un jour, sera-t-elle membre de droit de l’UE ou devra-t-elle poser sa candidature ? Supposons que demain, la Flandre devienne indépendante, pose sa candidature d’adhésion à l’UE, et que la Wallonie soit considérée comme l’Etat belge. Que va faire la Belgique wallonne ? Evidemment, elle dira non à l’entrée de la Flandre dans l’UE. On est au début de bras de fer extrêmement difficile entre les Etats tels qu’ils existent, la construction européenne et certains mouvements qui vont jouer la carte de l’indépendance.
Propos reccueillis par Soren Seelow

Bruges, au couchant.

Fichage des Roms en Italie…

Posté en Politique par Palimpsestes, Agora à 16 septembre 2008

A l’heure où quelques uns dans la blogosphère voudrait lancer une tendance à l’ambiance totalitaire et réduire le droit des individus au néant au profit de la vindicte populaire sous couvert de jeux amusants, il est bon de rappeler qu’en Europe même, pendant que notre ministère de l’identité nationale fait fumer ses tableurs de quotas d’expulsions, les atteintes à la liberté individuelle fleurissent de toute part dans un tas de fumier : fichier Edvige, systématisation du passeport biométrique, etc, une forme de summum, une boucle bouclée est atteinte en Italie, où l’une des communautés les plus touchées avec la communauté juive durant la Seconde guerre mondiale est désormais à nouveau dans le collimateur d’un état dérivant vers le totalitarisme policier. Juger vous même à la lecture de l’article qui suit. Problèmes sociaux, vindicte collective, aboutissent à une réponse de stigmatisation d’un groupe social, désigné comme fautif et fauteur du trouble. On appelle cela un bouc émissaire. Gageons que les peuples européens sauront en finir avec les psychopathes du fichage, de la censure et de la violence collective aux individus et aux minorités. Ne serait-ce qu’en mémoire de ces deux fillettes Roms, mortes dans l’indifférence estivale sur une plage méditerranéenne. (Lire la suite…)

Doit-on débattre d’Edvige ?

Posté en ACTUALITÉS, HUMEUR, Politique par Palimpsestes, Agora à 31 août 2008

Certainement. Encore faut-il être en position de force.

Ce fichier vise, par décret gouvernemental, à ficher dès l’âge de 13 ans, “de centraliser, et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques et morales ayant sollicité, exercé ou exercant un mandat électif, politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux” Ces données peuvent être “à caractère personnel qui font apparaître [...] les origines raciales, ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses [...] ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci.”

Ne nous voilons pas la face. Il y a longtemps que les RG pratiquent ce sport en off jusqu’au fin fond des plus obscures sous-préfectures. Il n’empêche. Question de principe !

La meilleure façon de tuer une démocratie est de lui permetttre de mettre en place les outils dont un totalitarisme pourra se servir pour se débarasser d’elle – Jacques Attali.

La Serbie vers l’Europe ?

Posté en ACTUALITÉS, Politique par Palimpsestes, Agora à 8 juillet 2008

« Le Parlement serbe a approuvé, lundi 7 juillet, par 127 voix sur 250, la formation d’un nouveau gouvernement proeuropéen, dominé par le Parti démocrate (DS) du président Boris Tadic. Cette nouvelle équipe se distingue par le retour des socialistes du SPS au sein du pouvoir, huit ans après la chute de leur leader Slobodan Milosevic, mort, en mars 2006, dans sa cellule du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).
Ce vote met un terme à deux mois de négociations [...]. A ces postes-clés, le SPS s’est toutefois engagé à suivre le programme proeuropéen des démocrates. L’euroscepticisme des nationalistes avait d’ailleurs conduit à l’échec de leurs discussions.
Lundi, le nouveau premier ministre, Mirko Cvetkovic, un économiste de 57 ans et ministre des finances dans le précédent gouvernement, a donc pu affirmer que “l’appartenance à l’Union européenne est l’intérêt primordial de la Serbie”. “L’objectif du gouvernement est que la Serbie obtienne, à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine, le statut de candidat à l’UE”, a-t-il ajouté.
En revanche, il s’est montré beaucoup plus déterminé sur la question du Kosovo. Il a réaffirmé que son pays “ne reconnaîtra jamais l’indépendance” de son ancienne province, proclamée le 17 février et reconnue par une majorité des Etats membres de l’UE. M. Cvetkovic a précisé qu’il mettrait en œuvre “toutes les mesures juridiques et diplomatiques” pour conserver le Kosovo à l’intérieur des frontières serbes. »
Christophe Châtelot, Le Monde.fr

Une vieille amie irlandaise…

Posté en ACTUALITÉS, Politique par Palimpsestes, Agora à 17 juin 2008

Le peuple irlandais a rejeté à 53% le traité de Lisbonne soumis à référendum dans ce petit pays d’un peu plus de 4 millions d’habitants. C’est la seule nation européenne où la démarche du référendum a été adoptée, et…

Signe d’un divorce profond entre l’esprit de l’Europe et ceux qui la font aujourd’hui d’une part, et entre  ces derniers et les peuples européens d’autre part, cet “échec” ne doit pas laisser indifférent comme ce fut le cas lors de l’accident industriel de 2005 en France et au Pays-bas.

Alors pour le plaisir, je vous redonne à lire et à sentir mon Irlande.

L‘Irlande, c’est une vieille copine, 17 ans que je la fréquente. On a eu une belle histoire ensemble… Elle était jeune, un peu rebelle, un peu fauchée, pas maquillée, mais sacrément sexy… Elle aimait faire trotter son cheval O’Connell Street. Elle m’a même raconté que le truc qui la faisait le plus rire, c’était de le faire monter dans l’ascenseur de Liam, dans le North Side… On s’est un peu roulé dans la paille ensemble du côté de Sandymount, de Lansdowne Road, sur les trottoirs glissants et arrosés du Jazz Cork Festival ou de la Saint Patrick à Dublin…

Quelle descente elle avait ! Fallait pas lui parler des Français, avec leurs regards un peu trop francs d’obsédés sexuels… Mais avec moi ça passait, fallait juste que je la suive à la Guinness et au Fish N’Chips de Bath Avenue… Et puis elle m’a présenté ses potes, Espagnols, Italiens, Australiens, Sheep shaggers, pardon, Neo-Zélandais, Allemands, Américains, même…

Elle m’a peut-être sauvé la vie un soir de Saint Patrick en 1994 en m’aidant à traduire les propos d’un Gardaï dublinois à bout de nerfs, lorsque celui-ci m’a ordonné de laisser ma Pinte où elle était, en me virant du pub à une heure indue… “Try Oogain to get yis bloody Pint O’ Guinniss and yeah is Oonder arresht youn’ pale…”

Je suis retournée la voir avec le 5ème élément il y a quelques années. Quel plaisir de retrouver avec elles Dublin, le Bad Ass Café, Sandymount, Glencolumcill, Kilcar, Donegal City, Galway, les Iles d’Aran, de partager quelques pintes et quelques verres de vins australiens…

Mais bon Dieu qu’elle a changé… Elle a arrêtée de fumer, elle s’est enrichie, elle s’est embellie aussi, faut avouer, un peu plus apprêtée, un peu plus maquillée… A peine un peu affadie…

Elle roule en Berline maintenant… Et elle traine souvent en terrasse, comme les Parisiennes. J’ai toujours du mal à la suivre à la Guinness, mais plus pour les mêmes raisons, question de budget… Elle est devenue geek, faut dire qu’elle bosse dans l’informatique… Son mec est dans le Business, ça roule…

Ses cousins de Derry et de Belfast ont arrêté les conneries aussi. C’est important pour elle. Ca l’empêche quand même pas d’être restée une sacrée rebelle… Avec un sourire !

Et puis elle a eu 2 enfants, pas mal en Europe. Comme si ça suffisait pas, comme elle a un grand coeur, même si ça se voit pas toujours, elle a adopté un petit Polonais, un petit Tchèque, et un petit Indien. J’espère que ça se passera bien.

Tout ça pour vous dire que même si elle est plus comme avant, l’Irlande, ça reste ma copine pour la vie. Et puis tiens, dès que j’ai l’occase, avec le 5ème élément, on lâche nos pommiers et on emmène Bonhomme voir si les moutons font Meuuuuh là-bas comme ici…

Dublin court

Massacre des services publics

Posté en ACTUALITÉS, HUMEUR, Politique par Palimpsestes, Agora à 28 mai 2008

Millie, infirmière en néonatologie, nous rapporte les informations sur la suppression de postes dans son unité de soins : non remplacement des départs, réduction d’effectifs, baisse de la qualité des soins, jusque dans les petits détails qui peuvent aider les enfants à s’en sortir, comme travailler la succion en passant du temps à faire téter l’enfant.

Jusqu’à quand va t-on être capable de supporter ce gaspillage au nom de la simple logique comptable…
Chaque jour apporte son lot d’infos ou de réactions comme celles de Millie à cette litanie de dégradations de la qualité de vie en Europe, ou tout au moins en France…
Je ne peux même pas dire “payons plus d’impôts pour sauver nos services publics”… Qui en France ne souffre pas à des échelles évidemment très diverses de la précarité et de la hausse du coût de la vie, quand ce n’est pas de la pauvreté tout court ?

Il n’est pas dit d’aileurs que cela nécessiterait plus de taxations : une meilleure organisation de certains secteurs moins sensibles, des économies sur certains projets, sans remettre en cause les domaines de la santé, de l’éducation, de la culture ou des affaires sociales.

Les Agences régionales d’hospitalisation argumentent partout de la faiblesse technique de certains hôpitaux dans certains domaines, comme la maternité, pour justifier de la suppression ou de la requalification de ceux-ci : sans prendre en compte la pérennité économique de certaines petites villes ou la difficulté pour certains d’aller se faire soigner à 40, 50, 70 kilomètres de leur domicile.

Déprimant…

Du miel au fiel : immigration clandestine

Posté en ACTUALITÉS, HUMEUR, Politique par Palimpsestes, Agora à 25 mai 2008

J’ai aimé l’évocation du roman de Dominique Rousset, le “goût du miel”, dans l’émission de Paula Jacques sur France Inter ce dimanche.

Cette journaliste, ici romancière, est allé chercher dans les faits divers et dans la réalité des immigrants clandestins, telle qu’elle nous est restituée par les médias européens, la matière brute pour un récit rendant la substance finalement héroïque de ces hommes et de ces femmes.

Qui était Lamine avant de n’être à nos yeux occidentaux qu’un corps congelé et fracassé dans les laitues d’un retraité de la banlieue de Paris ?

Pourquoi Micha s’est-il retrouvé piégé dans un camp de travail forcé des Pouilles tenu par le crime organisé ?

Rendre sensible ces hommes et leurs destinées est un moyen fort de contribuer à une véritable prise de conscience de ce qui se joue chez nous mais également en Afrique, en Asie ou en Europe de l’est.