PALIMPSESTES, Agora

Quel avenir pour la Belgique dans le concert des micro-nations européennes ?

Posté en ACTUALITÉS, Non classé, Politique par Palimpsestes, Agora à 17 septembre 2008

Après quelques jours passés encore aux confins des Flandres belges et françaises, et eu égard à mes origines familiales, je me sens particulièrement concerné par les questions existentielles qui taraudent les différentes composantes de la société belge. J’avoue que j’ai du mal à discerner le fond des choses, en partie parce que je connais mal Bruxelles et la Wallonie, et je ne m’amuserai pas à traiter d’un sujet mal maîtrisé.

Je ne peux que vous redire l’amour que j’ai pour cette terre aujourd’hui sans frontière, de Boulogne à Knokke, de Bruges à Arras, de Lille à Anvers, mais aussi du côté de Charleroi et du Luxembourg. Je vous restitue cet entretien paru le 19 juillet dans le monde.fr.

Pour Philippe Moreau-Defarges, spécialiste des questions européennes à l’Institut français des relations internationales (IFRI), la crise identitaire que traverse la Belgique illustre l’affaiblissement des Etats dans un environnement démocratique prônant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Selon lui, l’intégration européenne accélère naturellement cette désintégration des Etats.

Le roi Albert II a refusé la démission du premier ministre belge, Yves Leterme, qui aura pour mission d’établir un “dialogue institutionnel” entre les communautés flamande et wallone. Que peut-on attendre de ce dialogue ?

Philippe Moreau-Defarges : Le roi fait ce qu’il peut pour sauver l’unité de la Belgique, avec des pouvoirs extrêmement limités. Il a certainement le sentiment d’avoir affaire à une classe politique qui, dans sa majorité, se résigne sinon à l’éclatement de la Belgique, du moins à une formule confédérale très souple. Le diable est dans les détails : on voit bien que la crise se focalise de plus en plus sur des questions de partage de circonscriptions, sur des détails. Le pacte social et le lien Wallons-Flamands est tellement abîmé qu’on essaie de le rebricoler sans cesse, mais à force de le rebricoler, le résultat est de plus en plus précaire, compliqué et fragile.

La Belgique va-t-elle s’orienter vers un système confédéral ?

Il y a trois hypothèses. La première, c’est le statu quo ; au vu de la profondeur de la crise, il est exclu. La deuxième, c’est la confédération, c’est-à-dire une Belgique qui n’aura plus qu’un seul lien, le roi, et de très faibles éléments communs dont la politique étrangère et, sans doute, un statut particulier pour Bruxelles. C’est probablement la solution vers laquelle s’orientent les esprits les plus raisonnables. L’idée étant une séparation totale des dépenses sociales entre Wallons et Flamands. La troisième hypothèse, c’est l’éclatement pur et simple de la Belgique. Rien n’est impossible en histoire, mais une éventuelle partition devra passer par un référendum. Or la Belgique ne peut pas prendre aujourd’hui le risque d’organiser un référendum qui déchaînerait les passions. Les indépendantistes demanderont un référendum chez les Flamands et un chez les Wallons ; les Wallons un référendum entre tous les Belges. D’un côté, cette question insoluble du référendum constitue une grande chance pour l’unité de la Belgique.

En février, le Kosovo a proclamé son indépendance, reconnue par de nombreux pays européens. Des revendications indépendantistes existent aussi en Ecosse, au Pays basque, en Corse, en Belgique… S’agit-il d’une tendance de fond ?

Il y a en effet une tension croissante entre la stabilité des Etats et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La première cause, c’est la paix, qui favorise la fragmentation des Etats et la remise en cause des acquis. Mais la question de fond, c’est la transformation radicale du pacte étatique, qui est devenu un instrument entre des groupes aux intérêts divergents.

Si un jour les Flamands, les Ecossais, les Bretons, les Catalans ou les Québéquois disent démocratiquement par un vote qu’ils ne veulent plus faire partie de tel Etat, au nom de quoi peut-on les en empêcher ?

Lorsque certains Etats reconnaissent l’indépendance du Kosovo, ils reconnaissent le droit d’un peuple à se séparer d’un Etat parce qu’il ne s’y sent plus à l’aise. Les indépendantistes flamands ne demandent pas autre chose. Il y a un véritable problème lié à la démocratisation très profonde du pacte étatique et au fait que les acteurs de ce pacte disent : “Moi, je ne fais partie de ce pacte que dans la mesure où il me convient. Si ce pacte ne me convient pas, j’ai le droit de m’en aller.” La démocratie est beaucoup plus qu’un régime politique, c’est une grande idée selon laquelle chacun a le droit d’être lui-même, à l’égal de l’autre. Ce qui implique que chaque peuple a droit à son propre Etat. On peut faire un parallèle extrêmement intéressant entre le divorce entre les individus et le divorce entre les peuples. La grande question est : qu’est-ce qu’un peuple ? Il y a donc un vrai problème entre la stabilité territoriale des Etats, dont le monde a besoin, et cette dynamique très forte de fragmentation.

L’intégration européenne accélère-t-elle cette désintégration des Etats que vous évoquez ?

Oui. L’intégration européenne a un effet désintégrateur sur les Etats membres. Les Etats perdent beaucoup de compétences qui sont transférées vers l’UE, et certains groupes estiment qu’ils n’ont plus besoin des Etats existants puisqu’il y a l’Europe. La construction européenne, qui reste en principe contrôlée par les Etats, doit donner la voix aux peuples, faire exister ces peuples, et contribuer par là même à la légitimation de ces mouvements.

L’UE n’a-t-elle pas au contraire intérêt à empêcher l’éclatement de la Belgique pour refermer cette boîte de Pandore ?

C’est tout à fait vrai, mais en histoire, la raison ne l’emporte pas toujours, et même rarement. Les Etats de l’UE ont tout intérêt à empêcher l’éclatement de la Belgique, qui est au cœur de l’UE. Mais comment des états démocratiques pourront-ils s’opposer à une Flandre demandant démocratiquement à constituer son propre Etat ?

Quel pourrait être l’attitude de l’UE vis-à-vis de ces nouveaux Etats ?

C’est l’un des grands débats à venir. Si la Flandre devient indépendante, comme l’Ecosse peut-être un jour, sera-t-elle membre de droit de l’UE ou devra-t-elle poser sa candidature ? Supposons que demain, la Flandre devienne indépendante, pose sa candidature d’adhésion à l’UE, et que la Wallonie soit considérée comme l’Etat belge. Que va faire la Belgique wallonne ? Evidemment, elle dira non à l’entrée de la Flandre dans l’UE. On est au début de bras de fer extrêmement difficile entre les Etats tels qu’ils existent, la construction européenne et certains mouvements qui vont jouer la carte de l’indépendance.
Propos reccueillis par Soren Seelow

Bruges, au couchant.

“Modes de garde de la petite enfance : constat sévère de la Cour des comptes” Sans blague…

Posté en Non classé par Palimpsestes, Agora à 11 septembre 2008

On en apprend tous les jours, incroyable, on ne s’en était pas aperçu. Personne ne s’est angoissé à l’idée de devoir arrêter de bosser, ou de changer de ville pour pouvoir trouver une place en crèche, une nounou. Non, nous vivons dans un monde de bisounours où les crèches sont vides, spacieuses, bien gérées, sans passe-droit pour la nièce de monsieur l’adjoint aux finances… Pour les assistantes maternelles ? Elles sont des milliers à attendre les enfants. C’est bien connu. Elles sont vachement bien payées. Et puis les PMI et les relais locaux les aident tant à s’y retrouver dans les arcanes de l’administration qu’elles sont tous les jours des dizaines à faire ce choix de carrière… Non, je rigole… Quand vous n’avez pas une souris grise ci-devant coordinatrice de relais qui vous demande de faire un courrier de dénonciation de votre Nounou, qui est comme une seconde mère pour votre enfant, au moindre problème… Je vous jure, il y a des baffes qui se perdent…

Décidément, j’ai vraiment perdu mon sens de l’humour.

Déficit d’assistantes maternelles, création insuffisante de places en crèches, baisse de la scolarisation des 2-3 ans : le rapport de la Cour des comptes, publié le 10 septembre 2008, est très critique envers le dispositif de garde des jeunes enfants. En témoigne l’augmentation de 7% du pourcentage d’enfants de moins de 3 ans gardés par les parents et leurs proches entre 2003 et 2006, selon le rapport. La forte diminution de la garde en jardin d’enfants et surtout en maternelle – le taux de scolarisation des 2-3 ans a baissé de 27% entre 2003 et 2007 – n’a pas été compensée par un accroissement suffisant de l’accueil par les autres modes de garde (105.000 places “perdues” entre 2003 et 2006 pour 88.000 places nouvelles). “Le nombre de places disponibles en garde collective et en crèche familiale n’a augmenté que de 37.800 entre 2000 et 2007 (environ 2% par an), soit à peine le taux d’augmentation de la natalité”, précise le rapport, alors que “les quatre plans crèches devaient permettre sur cette période de créer au moins 75.000 nouvelles places”. En outre, parmi ces places créées, un certain nombre ne sont pas ouvertes en raison du déficit en encadrement et en personnels. La garde par les assistantes maternelles, peu coûteuse pour la collectivité, progresse peu, et le grand nombre de départs à la retraite (80.000 d’ici 2015) “va aggraver la situation”. Cette évolution générale est jugée “décevante” au regard de l’effort financier engagé par la branche famille de la sécurité sociale. Le coût d’un enfant gardé par un tiers a en effet crû de 60% entre 2003 et 2006. “Plus coûteuse que prévue”, la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE), créée en 2004, n’a en outre pas permis de remplir son objectif: permettre aux parents de choisir librement leur mode de garde. La Cour propose que la prestation tienne mieux compte des revenus des familles. Elle recommande ainsi de réduire l’aide pour la garde à domicile, onéreuse et bénéficiant surtout aux familles aisées. Elle propose aussi de réduire la durée du congé parental afin d’éviter l’éloignement durable des mères du marché du travail, à condition que les familles les moins aisées disposent d’une offre de garde à un coût abordable, précise la Cour. Source : la gazette des communes.

Spécial dédicace à Valérie, survivante…

Ethnographique #1, Bronislaw Malinowski

Posté en Non classé par Palimpsestes, Agora à 9 septembre 2008

Je m’installe à Melb ; comme si c’était pour la vie. Je reste à la maison, et le premier jeudi, Zlotko vient me voir le soir. D’ordinaire, je passe la soirée avec elle, de quatre à huit heures. Je lui suis très attaché. J’aime profondément sa présence. Je ne puis désormais supporter ces réactions à la Dostoïevski dont j’étais coutumier : une sorte d’aversion latente et d’hostilité, venant se greffer sur une passion forte et un attachement vrai. A l’époque (avant d’aller à Adélaïde), j’étais très malheureux et, à plusieurs reprises, j’ai du “me fuir moi-même”. Mon hypothèse est que mes sentiments pour elle sont fondés sur la séduction de sa personne et sur l’attrait de son intelligence, sans grand désir charnel.

Journal d’ethnographe, Bronislaw Malinowski.

Un nuage de tags dans votre blog ? Merci Fièvres !

Posté en INFORMATIQUE, Non classé par Palimpsestes, Agora à 24 juillet 2008

Patrick Devedjian a raison : finissons-en avec les 35 heures

Posté en Non classé par Palimpsestes, Agora à 6 juin 2008

Je tiens à vous dire que les 35 heures ont un effet délétère sur la fréquentation de nos blogs en général et sur la fréquentation d’Epidemik en particulier : je rejoins Patrick Devedjian, il faut se débarrasser définitivement des 35 heures pour recréer du lien social et de la richesse nationale : “Travailler plus pour glander plus !”

Tiens, à propos de Patrick Devedjian, souvenons-nous.